LE LIVRE D'OR DE LA FEDERATION
( voir interview précédente : Président N. DESCOQS )


Le close-combat : fédérateur de gens d’horizons très divers (partie 1)

Nous ouvrons ce mois-ci les pages de notre rubrique à Jean-Philippe V., pratiquant de close-combat à Paris. Chercheur en thèse en sciences sociales et animateur de formations pour cadres en entreprise à l’école HEC Paris, Jean-Philippe nous expose ici sa conception du close-combat.

Photo ci-contre : l'élève Jean-Philippe V., portant le T-Shirt d'entraînement de la Fédération.



Comment as-tu commencé à pratiquer le close-combat ?

       En fait, je suis arrivé au close-combat, et dans ce club en particulier, un peu par hasard. Depuis plusieurs années, je voulais faire des arts martiaux ou un sport de combat. Et puis par manque de temps et pour des raisons pratiques, je ne l’ai jamais fait.

       Au début de l’année 2007, j’ai enfin eu une possibilité au niveau de mon emploi du temps. J’ai commencé à faire des recherches sur internet pour essayer de trouver un club. Moi ce qui m’intéressait c’était de trouver un truc vraiment centré sur le combat : je n’avais pas envie de pratiquer un art martial « ancestral » d’origine asiatique avec une philosophie sous-jacente ou quelque chose dans le genre – j’estimais que si j’avais envie de faire de la philosophie, j’étais assez grand pour le faire par moi-même, pas besoin de mélanger ça avec des coups de poing – et donc je cherchais quelque chose d’assez brut, disons, et c’est en cherchant sur Internet que je suis tombé sur le site de la fédération.

       Je suis venu à un cours d’essai gratuit qui m’a bien plu – bon, ça a été très dur, ça faisait un bout de temps que je n’avais pas fait de sport. Finalement, j’ai décidé de continuer l’aventure; d’ailleurs le plus difficile ce n’est pas venir la première fois mais de revenir la deuxième fois – une fois passée la deuxième séance j’étais convaincu, et je me suis inscrit.


Comment as-tu perçu les origines militaires du close-combat ? Est-ce que cela a été un frein à ton enthousiasme ?

       C’est une question intéressante car c’est un aspect distinctif du close-combat. Ça ne me gênait pas a priori, et ce n’est pas ça qui m’a spécialement attiré, disons que j’ai trouvé que c’était une dimension originale du club.

       Si tu veux, en fait, pour répondre de manière un peu détournée à ta question, hier je suis allé au concert d’Alain BASHUNG, et il a joué ce morceau fabuleux qui s’appelle Fantaisie Militaire ; bon, c’est peut-être ça qui m’a tout de suite attiré dans l’esprit de la fédération de close-combat, cette référence militaire qui vient un peu en diagonale dans un cadre très détendu, relax, et très chaleureux.


Le close-combat rassemble des gens de toutes les origines, tous les âges, toutes les catégories sociales…Comment perçois-tu cette « biodiversité » ?

       Le cours de close-combat, en fait, a une particularité : il rassemble des gens qui sont d’horizons très divers. D’ailleurs, ça ne se remarque pas forcément au début car on vient en priorité pour s’entraîner ensemble, pas pour se raconter nos vies, même si on finit par le faire parfois car on apprend à se connaître.

       Donc il y a cette espèce de brassage qui est très agréable parce qu’on on est à Paris et que bon, à Paris, il est très difficile de rencontrer des gens qui viennent d’autres horizons. Paris c’est quand même une ville assez stratifiée, assez segmentée, on a tendance à se retrouver en permanence avec des gens qui font la même chose, pense la même chose, ont étudié ensemble dans le passé, etc.

       Et c’est difficile de rencontrer des gens très différents à Paris, c’est difficile pour chacun de sortir de son « petit cercle », et je crois que l’entraînement au close-combat créé en fait une sorte d’espace au sein duquel ça devient possible. Je crois que ça offre une opportunité assez rare pour des parisiens, et c’est très enrichissant de ce point de vue.


Est-ce cette dimension sociale a fait partie d’emblée de tes motivations ?

       C’est vrai que je ne suis pas venu au départ pour rencontrer des gens et me faire des amis! J’étais venu pour faire un sport de combat; bon il se trouve qu’au fur et à mesure on apprend à se connaître. C’est d’ailleurs un aspect de l’entraînement qui m’incite à continuer, parce que c’est une expérience qui n’est pas uniquement physique mais qui est aussi humaine, même si ça fait un peu cliché de le dire comme ça…


Tu disais à l’instant que le plus dur n’est pas la première fois mais plutôt la deuxième séance…

       Oui, ce qui est difficile c’est de revenir pour la deuxième séance ! Je n’avais jamais fait d’arts martiaux ni de sport de combat auparavant, et ça faisait un moment que je n’avais pas fait de sport, donc je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, alors évidemment quand j’y suis allé pour la première séance j’étais très curieux, mais bon il n’y a rien de difficile dans le fait d’aller à un cours d’essai, on ne s’engage à rien…

       Ce qui a été plus difficile c’est d’aller à la deuxième séance pour s’inscrire, parce que la première séance était physiquement très éprouvante, en même temps elle m’avait beaucoup plu, mais pour dire les choses clairement, j’en ai un peu bavé lors de la première séance et je me disais : « Est-ce que j’y retourne? Est-ce que je m’inscris? ». J’ai dû me décider, me forcer un peu la main en me disant qu’après tout, les gens que j’avais vus autour de moi n’étaient pas tous des « Musclors » de 90 kg… Ils avaient l’air de bien arriver à suivre le rythme de l’entraînement, alors je me suis dit « ces gens ont réussi à progresser, pourquoi pas moi? ».

       Mon intuition a été juste parce qu’au bout de, disons, quatre ou cinq séances, j’arrivais à réaliser sans problème la majorité des exercices de musculation et à suivre le rythme de la mise en jambes physique. Très rapidement, on s’habitue, et très rapidement, on progresse et c’est quelque chose qui m’a mis en confiance. Cela apporte une certaine satisfaction.

PAGE SUIVANTE ->




 
132380 visiteurs depuis l'ouverture du site le 06/01/2008
50 aujourd'hui, 7 personne(s) connectée(s)