Le close-combat : fédérateur de gens d’horizons très divers (partie 3)




Comment perçois-tu les entraînements ? Te semblent-ils réalistes, réels ? Comment les definirais-tu ?

       Disons que tout entraînement puise sa source dans la réalité du terrain, tout est fait justement pour que les techniques développées collent à la réalité… Alors je dis ça, mais bon personnellement je n’ai pas eu l’occasion de confronter les enseignements du close-combat à la réalité du terrain – ce n’est d’ailleurs pas mon objectif – mais ce qui est intéressant c’est que l’on a un bagage technique, on a des techniques d’entraînement qui partent d’observations, qui partent de constats, qui partent à chaque fois d’une situation concrète dont on mesure facilement le degré de réalisme d’ailleurs…

       Et puis à partir de cette situation concrète, les moniteurs exposent clairement les différentes ripostes possibles, bref, expliquent comment se sortir de chaque situation difficile… On voit bien, en situation, quels mouvements sont possibles ou non, c’est ça la confrontation à la réalité du terrain, et donc en fait on a sous les yeux à chaque séance une preuve que l’ensemble des enseignements du close-combat a été pensé depuis le terrain pour agir sur le terrain, dans le « monde réel », et pas sur un tatami avec des gants et une coquille.

       Ça veut dire qu’on ne va jamais apprendre des techniques qui ne servent à rien, ou qui sont simplement esthétiques mais n’ont pas d’utilité ; on est vraiment dans la pratique du concret, c’est toute l’essence du close-combat.


Lorsque tu dis autour de toi, parmi ton entourage, que tu fais du close-combat, quelle est la réaction habituelle de tes interlocuteurs ?

       Oui, bon, « Tu fais quoi ? – Du close-combat… – Du quoi ?? » , c’est vrai, les gens ne savent pas vraiment ce que ça recouvre… Quand j’en parle autour de moi, par exemple à des amis, j’essaie d’expliquer en deux-trois mots ce que c’est, et ça dissipe l’incompréhension, il faut juste être capable d’expliquer en quoi ça consiste à des gens qui ne connaissent pas mais ont déjà entendu l’expression, parce qu’elle est mentionnée parfois dans des films à la télé…

       Bon, je ne l’explique pas avec le même niveau de détail à des gens qui n’ont jamais fait d’art martiaux, ça dépend de la personne en face, mais en gros je dis généralement que c’est un sport de combat complet… C’est comme ça que je l’explique : on travaille avec les poings, on travaille avec les pieds, on travaille au sol, il n’y a pas de contraintes, pas de règles particulières puisque ça n’est pas un sport pratiqué en compétition, je dis donc que c’est un sport ancré dans la réalité, conçu pour faire face à des situations du quotidien… en résumé, un sport complet, pratique et concret. Voilà, c’est comme ça que je le présente.


Et quelle réponse apportes-tu à ceux qui rejettent les origines militaires de notre discipline ?
Est-ce que cela t’es déjà arrivé : une réaction épidermique au côté militaire ?


       Si, ça m’est arrivé, mais en même temps je n’insiste pas forcément sur cet aspect-là, car je ne crois pas que le close-combat soit très éloigné de certains sports de type « self-défense », qui par exemple se réfèrent au krav-maga – qui est aussi une discipline développée au sein d’une armée…

       On peut expliquer facilement aux gens que le close-combat est une discipline qui puise ses sources dans l’armée tout simplement parce que l’armée est une institution qui a justement besoin de développer un corpus technique ancré dans la réalité du terrain, un truc directement opérationnel, et que c’est cet esprit-là qui anime le close-combat…

       On n’est pas là pour faire de l’esthétique ou se battre dans des situations totalement hypothétiques (du genre, un mec te tient par le col avec la main gauche et positionne son poing droit menaçant au-dessus de ton nez, en attendant que ça passe ou que tu lui files ton code de carte bleue). Bon, je crois que l’idée c’est de répondre au mieux à des situations conflictuelles réalistes, non stylisées pour les besoins du cours, et c’est là que l’héritage de l’armée intervient.


Il est vrai que certains de nos confrères civils de la self-défense ont de temps à autres essayé de nous faire passer pour des nostalgiques…

       Je ne crois pas que le problème que tu mentionnes soit très différent de celui que peuvent rencontrer les militaires en général… Il y a des gens qui ont des a priori négatifs à l’encontre de l’armée ou des militaires, bon, c’est comme ça, je pense c’est probablement les mêmes qui ont ces a priori à l’encontre du close-combat justement en raison de cette référence à l’orientation opérationnelle du corpus technique qui évoque celle des militaires, bon, il faut faire avec…

       Ça n’est pas gênant puisqu’en l’occurrence ici il n’y pas de nostalgie mal placée, il n’y pas de message politique d’aucune sorte, mais c’est vrai que ça n’empêche pas certains d’avoir ces drôles d’idées, et d’une certaine manière il n’y a là rien de bien surprenant.

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