par Katsumi, actrice, membre d’honneur de la Fédération des clubs de close-combat
(propos recueillis le 2 avril 2006)
Conçu par des militaires, développés dans un environnement d’hommes,
l’apprentissage du close-combat peut-il aussi être bénéfique pour les femmes, dans
un cadre civil ? L’actrice Katsumi, membre d’honneur de la Fédération des clubs de
close-combat, donne son point de vue sur la question avec fermeté et conviction.
À partir de quel moment, dans votre vie, avez-vous commencé la pratique
des sports de combat ?
K. : C’est à l’âge de quinze ans que j’ai débuté à pratiquer le karaté shotokan. J’ai eu
la chance d’avoir une très bonne école qui avait le niveau mondial en compétition de
katas, et donc un excellent niveau technique. J’ai suivi des cours jusqu’à mes dix-huit
ans et me suis arrêtée sans avoir achevé mon 1er dan.
Quels sont, pour vous, les avantages du close-combat par rapport à
d’autres arts martiaux ?
K. : Le close-combat a cette qualité de se concentrer sur le combat en situation réelle.
Il est une préparation physique et mentale à l’agression. Il a une vision réaliste du
combat de rue et n’a pas d’autre prétention que d’aider le pratiquant à survivre en
cas de danger. Les arts martiaux traditionnels ont la noblesse des traditions et une
certaine spiritualité, mais sont souvent trop idéalisés ou ne peuvent être efficaces
qu’après de longues années d’expérience.
Ils sont également devenus des « hobbies »
en Occident et perdent souvent l’aspect martial pour ne valoriser que l’aspect technique
et esthétique. Le close-combat ne cherche pas être séduisant mais efficace.
Quelles sont les situations dans lesquelles vous vous êtes retrouvée qui
nécessitaient selon vous la pratique (ou l’esprit) du close-combat ?
K. : J’ai déjà été agressée alors que j’étais seule dans la rue. J’avais alors mes acquis
techniques en karaté, mais en aucun cas je n’avais été préparée mentalement. L’effet
de surprise m’a choquée au point de me tétaniser. Les notions de respect et de
contrôle de frappe m’avaient tellement été inculquées en cours de karaté que je n’ai
su réagir.D’autre part, je n’avais pas eu assez d’enseignement pour le combat au sol.
Or il se trouve que le close-combat aborde ces points dès les premiers cours.
Est ce que l'origine militaire du close-combat n'est pas un obstacle
pour les femmes qui souhaitent se former à cette discipline ?
K. : Je ne pense pas, non. Quand on pense « militaire », on pense « discipline », et on
en a tous besoins. Ce n’est pas par hasard si les « coaches » deviennent à la mode ;
les gens ont besoin d’être pris en main.
C’est donc sans aucun doute un atout. Le
plus gros obstacle est à mon avis la mentalité française qui a une image péjorative de
l’armée. Évidemment, les femmes qui veulent simplement se divertir, ou papoter
entre copines, n’ont pas leur place dans ce genre de cours. Mais celles qui sont déterminées
et veulent être plus indépendantes ont tout à y gagner.
Pour quelles raisons pensez-vous que la pratique du close-combat est
importante aujourd’hui pour les femmes ?
K. : Une femme est une proie idéale : elle peut-être en talons, en jupe ; ce qui le handicape
en cas d’attaque. Son sac à main est facile à voler, elle est moins lourde, moins
forte, plus fragile... De plus, elle peut être non seulement victime de vol... mais aussi
de viol ! Bref elle a tout intérêt à ne compter que sur elle-même.
Je crois que la
nécessité pour une femme de se protéger a toujours été importante, et ce quelle que
soit l’époque. Mais si aujourd’hui on lui met à disposition, avec le close-combat, les
outils pour se défendre, il faut considérer que c’est une chance !
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