Il convient de bien souligner le principe de cas non-conforme (noté par le sigle CNC dans le sommaire). En effet, on part du principe que lorsque l’on apprend une technique à l’entraînement, elle est censée fonctionner le jour J. Mais ce n’est pas toujours le cas, tout au moins ce n’est que rarement le cas ! C’est pourquoi, l’on ne saurait dire l’importance de la faculté d’anticipation. N’entend-t-on pas souvent dans l’armée la célèbre maxime : « commander, c’est anticiper ! » ?
Mon adversaire est trop grand ? Je m’adapte ; et en lieu et place de la technique que
je voulais mettre en oeuvre, je change « mon fusil d’épaule » en passant dans un cas non-conforme. Pouvoir s’adapter facilement, ne pas avoir peur de modifier son approche, de changer d’avis...Tel est la devise du combattant de close-combat.
D’ailleurs, la victoire sourit en général à celui qui a tout prévu, qui a identifié tous les cas non-conformes possibles et imaginables, et qui sait, à l’instant T, s’adapter.
INTRODUCTION AU CHIN-JAB
D’où vient le chin-jab ?
Le chin-jab est particulièrement représentatif, pour ce qui est de ses origines, des techniques de close-combat. En effet, il s’agit d’une frappe à très courte distance, c’est-à-dire à proprement parler à une distance de « close-combat », mot à mot de « combat rapproché », close désignant en langue anglaise ce qui est proche. Le chin-jab nous renvoie directement à l’utilisation du talon de la main – autrement dit la partie inférieure de la paume – qui vient frapper un point sensible, en l’occurrence le menton (chin en anglais). On retrouve la frappe de la paume de la main (teisho en japonais), dans la plupart des arts martiaux, et notamment dans la source du close-combat : le jiu-jitsu.
Le chin-jab est-il facile à apprendre ?
Dans les techniques de combat rapproché, entre autres dans la doctrine militaire russe, on le retrouve comme moyen de défense contre un adversaire qui vient vous ceinturer de face. Le close-combat du Major Fairbairn aussi l’envisage comme moyen de repousser l’ennemi qui vous saisit. En fait, le chin-jab est une technique qui fait appel à l’instinct de l’homme dans un combat : le plat de la main qui repousse le visage de l’adversaire, les doigts dans les yeux qui endommagent la vision de l’ennemi... C’est bien une technique de close-combat : fondée sur le réflexe animal, sur l’instinct de survie ; et donc particulièrement facile à mémoriser et à restituer.
Quand placer un chin-jab ?
Naturellement, le chin-jab est souvent associé à un enchaînement de coups. En général, on le place après un coup de genou aux parties génitales, ce qui permet à l’ennemi de vous présenter son menton, ou juste avant une projection avec les hanches – le talon de la main permettant d’accentuer le déséquilibre. Ce qu’il faut de toute façon garder à l’esprit, c’est que le chin-jab, comme toute technique de close-combat, doit être mis en oeuvre dans les conditions suivantes :
- à courte distance.
- par surprise.
Le chin-jab est-il une technique dangereuse ?
Habituellement, le chin-jab a pour objectif le menton (chin) : il faut pousser le menton pour amener l’ennemi au sol ou bien le frapper pour le blesser. Et on touche ici à un point délicat et important du chin-jab : à pleine vitesse, un coup brutal dans le menton peut provoquer des lésions sur les cervicales de l’adversaire. Sans compter que si l’on décale son coup – volontairement ou pas –, l’on peut directement toucher la base du nez (le sillon naso-labial) et entraîner un choc au cerveau de l’adversaire.